Pour que le PLM profite aux PME

Posted on November 5, 2010

croissancePMEJ’ai voulu participer hier à un webinar organisé par le magazine Cadalyst sur le thème: “Why Hasn’t PLM Taken Over the World?”. Malheureusement les américains ne passeront à l’heure d’hiver que ce week-end, je l’ai donc manqué. Cependant, ce matin l’intégralité de la session a été diffusée sur le site dédié à cette série de webinar: http://www.cadalystedge.com/. Le titre de cette session est très bien trouvé car c’est une question que, je pense, ne se posent pas assez les grands éditeurs. Demandez leur qu’en est-il du marché du PLM et ils vous diront que c’est un marché mature. C’est justement parce que cela est faux que Prodeos a été lancé. Il suffit d’aller dans les PME et de constater le manque d’outils informatiques pour la gestion de l’innovation, la gestion des données techniques, etc, pour voir qu’il y a un potentiel d’équipement énorme sur la problématique du PLM.

Un problème technologique

Et le problème ne concerne pas que le PLM, il concerne toute l’industrie du logiciel. Les outils de réalisation de logiciels se sont améliorés permettant aux éditeurs d’accélérer leurs développements et d’intégrer plus rapidement leurs solutions. Ils permettent donc de réaliser des logiciels soit répondant à un besoin global et étant ainsi destiné à la vente pour plusieurs entreprises. Soit il répond à un besoin spécifique d’une entreprise qui devra alors supporter l’intégralité des coûts de développement. Dans ce second cas on ne peut clairement intégrer que les grands groupes. Une PME ne peut investir dans une solution spécifique et supporter le coût d’un tel développement. Dans un domaine tel que le PLM les besoins sont encore tellement dispersés que les logiciels qui doivent supporter cette stratégie nécessitent une grande flexibilité non seulement lors du développement mais aussi dans le temps pour suivre l’évolution des processus PLM de l’entreprise. Et c’est ce point qui fait encore défaut aujourd’hui. Il faut offrir une grande flexibilité dont l’interface soit gérable par un non-informaticien, un responsable métier qui connaisse les besoins PLM de son entreprise.

Un marché étouffé

On revient ici sur le problème du nom. Quand on dit PLM, on pense aux grand éditeurs. Et ils occupent clairement le sujet que ce soit par le marketing ou par la force commerciale qu’ils possèdent à travers leurs VAR (Value Added Resseller). Le problème est qu’on en fait quelque chose d’énorme. Quelque chose que l’on pense souvent dépendant de la CAO. Alors que le problème est d’ordre technologique sur les problématiques de gestion de données, évolution des modèles de données dans le temps, interaction avec des workflows et cycle de vie, gestion des droits et permissions dans le temps, etc… Ce sont des éléments qui posent encore d’importants problèmes et qui pour le PLM sont cruciaux. Il faut ouvrir les notions du PLM et les vrais problématiques à un plus grand nombre de compétences logicielles pour permettre l’émergence de nouvelles solutions.

La problématique du service

Le PLM est aujourd’hui basé en grande partie sur une offre de service plus que sur une offre logicielle et c’est un autre facteur qui fait que les PME ne peuvent pas simplement s’équiper. Et soyons honnêtes, si le PLM demande autant de service c’est que le logiciel à la base n’est pas (assez) bon. Pourtant des éditeurs ont tenté l’aventure en proposant des solutions simplifiées pour les PME. Le problème est que ces PME n’ont pas forcément des process plus simples et encore moins uniformes que les grands groupes.

Un manque de standards

Je l’ai dit un peu plus haut, les besoins des PME sur le sujet du PLM sont encore trop dispersés. La raison de cette dispersion est en partie due aux différences qui existent entre certaines industries mais aussi au fait que le PLM ne soit pas compris de la même façon parcequ’il y a peu de “bonnes pratiques” communiquées, et les standards restent peu abordables et quasi non-utilisés. La simplification de standards et leur meilleure communication permettrait à des éditeurs de s’appuyer dessus pour réaliser des solutions sur des bases fonctionnelles validées.

Conclusion

J’avais sûrement déjà abordé ces points à travers différents articles, mais la raison pour laquelle je poursuis la discussion est surtout due aux échanges qui se multiplient autour des problématiques PLM et des technologies qui permettent d’en supporter les processus de gestion. Les discussions sur le PLM deviennent de plus en plus nombreuses mais le coût de telles solutions reste peu abordable pour des entreprises de taille limitée. Mon but est de travailler pour apporter cette technologie ou au moins convaincre des personnes qu’il y a un réel besoin et un réel marché à fournir.

Yoann Maingon

Yoann Maingon

Yoann Maingon is an Entrepreneur and a PLM enthousiast. He is our main blogger at Minerva as he has been publishing articles about General PLM concepts and Aras Innovator for more than three years.

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  • Yannick

    Bonjour,

    intéressant cet article. Je mentionnerai que si les PMEs pensaient à prendre un développeur métier et lui confier la tâche d’analyser, modéliser les différents processus existant dans la PME et ensuite de développer un systéme informatique (PLM sur mesure) permettant de gérer toutes ces informations, cela ne reviendrait pas très chère à la PME…..

    Mais bien souvant, dans ce cas là, la PME ne sait pas mettre de la confiance sur une ou deux personnes ayant ses compétences là.

    Et c’est là pour moi la grosse erreur des patrons de ces PMEs qui pensent que leur seule issue est d’acheter un gros système conçues par et pour des grosses structures.

    A+

  • Bonjour,

    Merci pour votre commentaire. Vous suggérez donc d’avoir un développeur par PME avec des compétences en analyse de processus, modélisation d’un système d’info, développement informatique, base de données, infrastructure, etc… Il va falloir qu’elles se battent pour attirer les rares développeurs métier qui rempliront ces conditions. Comment cela se passera lorsque le système plantera, que l’OS serveur devra évoluer, etc…? Le contrat de travail ne donne pas les garanties du contrat de fourniture de la solution logicielle par un éditeur.
    Et pour l’erreur des patrons, c’est je pense par un manque d’offre sur le marché, ou tout du moins le manque de leur visibilité ou de différenciation si elles existent.
    Je pense que le terme toolkit a été banni des discours et du marketing des éditeurs PLM parcequ’à une époque cela a été tenté sans fournir les résultats escompté. La faute je pense à un manque de technologies. Aujourd’hui les technos logicielles ont évolué et permettent je pense de repartir sur ces concepts de toolkit que l’on baserait sur des standards pour faciliter leur intégration. On laisse ainsi à des non-informaticiens une plus grande flexibilité dans la gestion de leur système d’information.

    Yoann

  • Yannick

    C’est pour ça que j’ai dis un ou deux….

    Et en général il y a toujours un DBA dans une PME….

    Je vous invite à lire cet article qui rejoint quelque peu mon avis

    http://www.programmez.com/actualites.php?titre_actu=Les-logiciels-packages–la-fin-d'une-epoque-vive-les-applications-sur-mesure&id_actu=8474&contenu=detail

    Personnellement, j’ai ce double profil et cela ne me poserais pas de grosses peur de me lancer dans le développement de telles applications pour une société.

    Le sur mesure est bien plus facile à développer qu’une application qui doit être capable de s’adapter à toutes entreprises et donc au finish à pas grand monde.

    J’ai plusieurs relations qui sont responsable PLM et je suis également dans un groupe de travail qui vise à paramétrer WindChill.

    Et ben plus je discute avec mes relations et plus nous avançons dans notre groupe de travail et plus je me dis que le sur mesure c’est le top.

    On perd trop de temps et d’argent à paramétrer ces logiciels qui au finish n’arrive à peine à 80% du besoin initiale.

    Mais ce n’est que mon avis 🙂

  • Yannick
  • Bonjour,

    je reviens sur votre commentaire et le lien que vous proposez. Cet article est rédigé par le CEO de W4 qui est une solution de développement rapide basé principalement sur de la génération de formulaire et un moteur de workflow (représentation très grossière de ma part). Donc il me parait normal qu’il annonce que c’est ce que recherchent de plus en plus les entreprises. Cependant si vous adhérez à son article (et j’y adhère en partie), on se rapproche petit à petit vers un consensus où le logiciel doit proposer des boites à outils pour permettre la réalisation simple des spécifiques des clients. De mon côté je viens de la version packagé et de votre coté du développement “from scratch”.

    Cordialement,

  • Yannick

    Bonjour,

    Le problème des boîtes à outils est qu’il faut les maintenir à jour en fonction des évolutions des versions des différents logiciels de votre package !

    Pour moi, c’est une perte de temps, d’énergie et donc d’argent. J’ai un ami qui met en place la solution Audros et depuis quelques mois il ne fait que de la customisation !!!!

    Don au finish, sa société a payé le logiciel, la maintenance qui va avec et maintenant elle paie deux personnes pour tenter de rendre Audros compatible avec les processus de la société.

    C’est pour moi une grosse erreur car d’une part ils n’arriveront pas à leur but et donc aurons toujours des disfonctionnement qui vont ralentir quotidiennement les utilisateurs.

    De plus, les custos et développements annexe leur prendront un temps fou à maintenir avec les évolutions d’Audros (Qu’ils seront obligé de déployer sous peine de perte d’assistance etc…)

    Donc au finish, vaut mieux deux développeurs maisons qui font une solution qui réponds au minimum à 100% du besoin initiale.

    Pour ma part et dans ma société actuelle, je participe à la définition de la structure documentaire de nos données techniques et la défintion des différents workflow sous WindChill PDMLink et on en est à la phase de test du proto et le soft est une grosse galère car il est à des kilomètres de notre façon de travailler.

    Du coup, le service informatique va devoir faire des développements interne et là rebelote…….

  • Lors de mon dernier déplacement aux USA, en ayant discuté avec des personnes qui étaient passés par des déploiements de diverses solutions PLM, ce qui m’interpellait c’était le fait que le mot ToolBox était devenu banni de tout marketing d’éditeur car les utilisateurs de telles solutions avaient exactement connus ce que vous décrivez.
    Ce que je crois c’est que l’idée était et reste bonne, mais que cependant la technologie n’est pas encore au top pour en favoriser le fonctionnement.
    Dans les évolutions du marchés on parle beaucoup du Cloud (Prodeos n’y échappe pas), des moteurs de recherche sémantique, … Il y a des évolutions techniques mais elles ne répondent pas encore à la capacité de vulgarisation de l’outil pour les non-informaticiens combiné avec une gestion d’intégrité du système et des données qu’il manipule.
    Donc dans l’absolu je suis en désaccord avec votre idée d’avoir deux développeurs métiers. Dans l’immédiat (et court-moyen termes), selon la spécificité de l’entreprise je suis d’accord que ce type de développement peut-être nettement moins coûteux et mieux adapté.

    Bonne chance pour votre solution, je suis intéressé d’en suivre l’évolution. N’hésitez pas non plus à me solliciter pour en publier un article sur ce blog (même si votre projet n’est pas Open Source – on traduira l’Open Source par votre partage d’expérience 🙂 )

    Cordialement,

  • Yannick

    Je vous remercie de l’intérêt que vous porter à mon travail….

    Ce qui m’amène à ce raisonnement que j’ai actuellement, c’est d’une part mon expérience des deux mondes et ce que j’ai pu constaté aux travers de mes différentes mission de Consultant.

    On tombe toujours sur le même problème !

    Quand je dis deux développeurs, c’était une image ! je prône le sur mesure en interne par une équipe propre à l’entreprise et non une multitude de Softs pour lesquelles il faut une équipe qui gère l’implantation, la gestion des ces softs et les passerelles entre ces softs.

    Dans ma société (+6000 employés) on a une solution tout PTC pour la chaîne numérique qui va de la CAO aux programmes de contrôles et suivi de production.

    Ce qui représente seulement une partie de la numérisation du fonctionnement de la société. Et bien rien qu’avec ça on galère grave, beaucoup de disfonctionnements du fait que les différents métiers présent dans notre société ne travaillent pas du tout de la même façon et là les softs PTC sont à la traîne….

    Mais bon…..

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